Communiqué de presse – Les familles indignées s’alarment de la sécurité sanitaire des produits fabriqués par Lactalis et renforcent leur action juridique

Les familles victimes du lait contaminé aux salmonelles s’alarment des conditions d’hygiène révélées par une ancienne salariée de l’usine de Lactalis de Craon dans un témoignage paru ce matin dans Le Parisien/Aujourd’hui en France.
Ces révélations sont d’autant plus inquiétantes qu’elles viennent confirmer les propos tenus par un autre ancien salarié, il y a quelques semaines, dans le JT de France 2.

« Alors que la production des produits infantiles de cette usine est suspectée d’être contaminée aux salmonelle depuis plus de 12 ans, nous apprenons aujourd’hui que les conditions d’hygiène n’y seraient pas scrupuleusement respectées. Pire, le directeur général de l’alimentation indiquait hier au Sénat que des autocontrôles positifs avaient eu lieu dans l’entreprise en 2009, 2013 et 2014. Des autocontrôles positifs sur les produits auraient même été détectés en 2011 sans que Lactalis ne prenne soin d’en informer quiconque. Comment se fait il dans ce cas que l’Etat, lors de ses inspections n’aient relevés aucune anomalie ? L’entreprise aurait elle falsifié ou omis de présenter ses autocontrôles lors du passage des inspecteurs ? » s’interroge Quentin GUILLEMAIN, Président de l’association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles.

« Comment faire confiance à une entreprise qui n’hésite pas à s’affranchir des règles de base de son activité ? Comment ne pas douter de l’ensemble des produits vendus par cette société quand on apprend aujourd’hui ce qui s’est passé sur un de ses sites pendant plus d’une dizaine d’années ? Comment ne pas remettre en cause la sécurité alimentaire des produits fabriqués par Lactalis quand la fiabilité des contrôles qu’ils réalisent est mise en doute ? » ajoute t’il.
Maître Jade Dousselin, avocate des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles, déposera 30 nouvelles plaintes individuelles complémentaires près le Pôle santé du procureur de la république de paris ce jeudi 15 février 2018, à l’encontre de Lactalis et de plusieurs grands groupe de distribution qui avaient vendu des produits retirés du marché.
Maître Jade Dousselin a indiqué que «  ces plaintes viendront s’ajouter à celles d’ors et déjà déposées après du Procureur de la République de Paris. Elles permettront à l’enquête en cours d’investiguer sur des éléments nouveaux. Ces plaintes et  les faits qu’elles dénoncent sont de nature à aggraver encore la responsabilité de la société LACTALIS. Maître Dousselin espèrent que ces plaintes et celles qui suivront permettront de mettre à jour d’autres responsabilités et notamment celle des grands distributeurs. » Elle attend toujours la désignation rapide d’un juge d’instruction: «  Les victimes doivent avoir accès à la procédure en cours et devenir de vrais acteurs dans ce dossier ! » a t’elle précisé.

« N’ayant toujours pas obtenu de réponses des autorités et de Lactalis aux questions posées légitimement par les familles, les victimes n’ont pas d’autres possibilités que d’agir en justice pour qu’enfin, toute la lumière puisse être faite sur l’ensemble des responsabilités des acteurs de cette affaire et que tout cela ne puisse plus jamais se reproduire ».
Il y a eu des failles sur toute la chaîne de responsabilité dans cette histoire : de Lactalis en premier lieu qui a fabriqué des produits infantiles contaminés aux salmonelles pendant plus de 10 ans,  jusqu’aux distributeurs, pharmacies, crèches et hôpitaux qui n’ont pas appliqué les retraits de lots et ont vendu des produits potentiellement contaminés, en passant par l’Etat qui malgré ses contrôles n’a rien soupçonné dans l’usine pendant plus de 12 ans et qui n’a pas informé correctement les familles depuis début décembre ». abonde M. Guillemain


Foodwatch et plusieurs parents portent également plainte ce mercredi 14 février pour établir les responsabilités de Lactalis bien sûr mais aussi des distributeurs, des autorités publiques et des laboratoires. « Les législations tant européennes que françaises font peser de nombreuses d’obligations sur tous ces acteurs de la chaîne alimentaire. Et pourtant, ils ont fait preuve de négligence, comme en témoignent les douze infractions relevées par foodwatch. Il faut qu’ils rendent des comptes et que cela ne puisse plus arriver ! », précise Karine Jacquemart, directrice de foodwatch. 
Quentin Guillemain ajoute « Dans ces conditions, et en l’absence volontaire de dialogue de Lactalis, les familles de victimes considèrent que la confiance dans la sécurité alimentaire des produits du groupe Lactalis est rompue. Elles appellent l’ensemble des consommateurs à éviter d’acheter et de consommer les produits des marques du groupe Lactalis actuellement en vente en France et à l’étranger. »
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