France Bleu – Lactalis : « une trahison » pour le président de l’association des familles de victimes qui appelle au boycott

Quentin Guillemain réagit, ce mardi 18 septembre, au feu vert donné par les autorités à l’entreprise Lactalis de commercialiser à nouveau son lait infantile fabriqué dans l’usine de Craon en Mayenne.

Fin 2017, une contamination aux salmonelles avait été détectée dans des produits des marques Picot et Milumel, plongeant le géant laitier mayennais Lactalis dans une profonde crise.

On a l’impression que tout est fait dans la précipitation pour étouffer l’affaire » – Quentin Guillemain

La production avait été stoppée dès le 8 décembre à Craon. Au cours des premiers mois de l’année 2018, la tour de séchage infectée (la tour numéro 1) a été démantelée. Puis, le 4 juillet dernier, les activités de séchage et de conditionnement de poudre de lait infantile avaient repris.

Au cours de l’été, l’entreprise a mis en œuvre un plan d’autocontrôle renforcé sur les produits et l’environnement. Selon le ministère de l’Agriculture, « les conditions sont aujourd’hui réunies pour autoriser la mise sur le marché des poudres de lait infantile. L’activité de l’établissement reste toutefois strictement encadrée par le Préfet de la Mayenne qui a imposé une transmission régulière de tous les résultats du plan d’autocontrôle à ses services. »

L’association des familles de victimes appelle au boycott des produits Lactalis

À une semaine de son rendez-vous avec le Préfet de la Mayenne, Quentin Guillemain, le président de l’association des familles de victimes, se sent trahi confie-t-il à France Bleu Mayenne : « On découvre ce feu vert sans avoir été informé. On a l’impression que tout est fait le plus vite possible, dans la précipitation, pour étouffer l’affaire. Je trouve ça inacceptable. Rien n’a été fait pour s’assurer de la sécurité sanitaire des produits. On remet en activité une usine sans avoir tiré toutes les leçons de cette affaire. C’est comme si l’affaire n’avait jamais eu lieu. On est vent debout. Tant qu’on n’a pas la certitude que les produits sont sains, que la salmonelle a bien disparu de l’usine, il est hors de question de donner un blanc-seing à une reprise de production. Et nous ferons tout pour qu’il y ait un boycott des laits produits à Craon. Nous nous mobiliserons. S’il faut aller dans les supermarchés, on le fera. Aujourd’hui, il y a un risque ». 

Dans cette affaire Lactalis, officiellement, 38 nourrissons ont été infectés. Des centaines de plaintes ont été déposées. Une enquête judiciaire est en cours. Un juge d’instruction, pour l’instant, n’a pas été nommé.

Suivez-nous et partagez nos actualités :