Reprise de la production de lait infantile à l’usine du Groupe Lactalis – Lactalis fait ses petites affaires en toute impunité

Selon le Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, ce mercredi 4 juillet, le Préfet de Mayenne a donné son accord par arrêté préfectoral pour une reprise de la production de lait infantile à l’usine de Craon en Mayenne.
 
Cette décision est extrêmement grave et fait fi de toutes les mesures recommandées en la matière pour une telle autorisation de réouverture, au vu des informations en notre possession.
Alors même que la cause de la contamination de l’usine depuis 2005 n’est toujours pas identifiée, ayant ainsi contaminé ,selon les chiffres officiels, pendant 13 ans près de 200 enfants, le Préfet de Mayenne s’autorise à négocier depuis plusieurs semaines, une reprise des activités de lait en poudre dans cette usine.
M. Le Préfet devrait savoir que la santé de nos concitoyens n’est pas un jeu et n’est pas négociable.
 
Pendant de longues semaines, de nombreuses auditions ont été menées par les parlementaires au Sénat et à l’Assemblée nationale. Ces auditions ont permis de découvrir à quel point le groupe Lactalis s’accommode des réglementations en vigueur et n’hésite pas à sans affranchir avec la complicité permanente des représentants de l’Etat. Les exemples sont nombreux : l’Affaire Lactalis qui nous occupe, mais aussi la publication des comptes de l’entreprise pourtant obligatoire, les pollutions quotidiennes de nos cours d’eau de plusieurs de ses usines, etc. Il est temps que cela cesse.
 
Que dire d’une reprise de production dans une usine dont tous s’accordaient à dire il y a quelques semaines que sa contamination était dispersée dans l’environnement de ses deux tours de séchage permettant une contamination diffuse mais régulière des produits qui y étaient fabriqués pendant de très nombreuses années ?
Que dire de la reprise de l’activité de l’usine de Craon avec l’accord de l’Etat alors même que la commission d’enquête parlementaire est en cours et que les causes de la contamination n’ont pas été analysées ?
Que dire d’un protocole de surveillance proposé pour la réouverture de l’usine uniquement basé sur une confiance aveugle dans les autocontrôles de l’entreprise dont le Directeur général de l’alimentation a pu dire en audition que certains, défavorables, avaient été dissimulés ?
Comment pouvons nous croire que tout a été fait afin que l’histoire de 2005 d’une reprise d’activité sans éradication des bactéries présentes dans l’usine ne se reproduise pas ?
Enfin, comment croire que les produits fabriqués ne seront pas vendus en magasin alors même que les produits pour adulte précédemment fabriqués pour des tests viennent d’être autorisés à la vente ?
 
L’association des familles de victimes du Lait Contaminé aux salmonelles (AFVLCS) demande au Préfet de Mayenne et plus largement aux autorités compétentes (Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation en particulier) de recevoir les familles de victimes dans la transparence afin de faire la preuve que l’ensemble des mesures mises en oeuvre par l’entreprise sous le contrôle de l’Etat élimine les craintes qu’elle peuvent légitimement avoir. Nous demandons également dès aujourd’hui afin d’en étudier la teneur, la communication auprès de la préfecture de l’ensemble des documents mentionnés dans l’arrêté pris ce jour.
 
« La reprise de l’activité de l’usine de Craon est une trahison du gouvernement et des engagements pris ! C’est inacceptable » commente Quentin GUILLEMAIN, Président de l’AFVLCS.  » Nous demandons que l’impunité cesse, l’arrêt immédiat de l’usine et un moratoire sur la reprise de la production tant que la cause de la contamination ne seront pas connues et que les conséquences de cette affaire n’auront pas été tirées » ajoute t’il.
 
Rappelons que seuls l’ANSES et le Ministère de la Santé ont daigné faire preuve d’un minimum de transparence vis à vis des victimes en nous communiquant les documents et renseignements que nous réclamons depuis des mois pour comprendre ce qui a pu se passer. Une procédure administrative est en cours pour enfin obtenir du Ministère de l’Economie et des finances, du Ministère de l’Agriculture et de leurs services, les réponses aux questions posées depuis le début de cette affaire.
 
Les familles de victimes sont légitimes à savoir ce qui a pu se passer. Le mépris vis à vis d’elle doit cesser !
 
Quentin GUILLEMAIN, Président de l’AFVLCS se rendra ce samedi à Saint-Just-de-Claix (Isère) afin de rencontrer M. Joel O’BATIN, maire de la commune (NI). Ils échangeront autour de leurs combats respectifs contre le groupe Lactalis qui avec sa fromagerie l’Etoile du Vercors, déverse l’équivalent en eaux usées d’une ville de 10.000 habitants dans l’Isère, et ce depuis 2011.
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